Belle-Île en Mer

Photos & Cartes postales anciennes

Anciennement connue sous le nom de vindillis, Belle-île (en breton Guerveur, la grande île) fut donnée au IXè siècle par les comtes de Cournouaille à l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé qui la garda jusqu’au XVIè siècle.
En 1572, les religieux cèdent leur île au maréchal de Retz, dont le petit neveu la vend à Nicolas Fouquet, grand collectionneur d’îles bretonnes. Celui-ci est assez mal inspiré pour y dresser des fortifications; Louis XIV voit là un prétexte supplémentaire pour arrêter le surintendant de ses finances, qu’il soupçonne de préparer quelques mauvais coup. C’est pourtant le petit fils du condamné, le maréchal de belle-Isle qui hérite du domaine avant de le donner à la couronne en 1719.

L’arrivée du vapeur de Quiberon dans le port de Palais

L’année suivante, Belle-île est inféodée à la Compagnie des Indes, contre des redevances de 50 000 livres par an. Elle sera ensuite accordée aux fermiers généraux puis à la province de Bretagne (1759).

L'avant port de Palais
Le quai Macé sur l’avant port de Palais

Souvent assaillie, Belle-île tombe aux mains des Anglzis en 1761, malgré une belle défense de la citadelle du Palais. Les britanniques resteront jusqu’au 10 mai 1763, époque à laquelle la France reprend possession de l’île par le traité de Paris, qui cède l’Acadie (le Canada) à l’Angleterre; 78 familles acadiennes émigrées reçoivent alors des terres à Belle-île et y introduisent les pommes de terre, plusieurs années avant que Parmentier en ait vulgarisé l’usage.

L’abri du Marin

Belle-île a attiré de nombreux écrivains et artistes. Le premier d’entre eux fut le poète Saint-Amant (1594-1661), qui suivit le duc de Retz. Alexandre Dumas père a placé à Belle-île plusieurs scènes du « Vicomte de Bragelonne » et la mort tragique de Porthos, dans une grotte imaginaire de Locmaria. Claude Monet, qui passa deux mois dans lîle, a peint de nombreux aspects de la côte sauvage. D’autres peintres sont passés à Belle-île : notamment Matisse, Derain, Jean Puy…

Bateaux de pêche à Belle-Île
Les bateaux sardiniers sortant du port de Palais
Musique de la colonie pénitentiaire
La musique de la colonie pénitentiaire

Patrimoine

La Citadelle

La Citadelle de Belle-Île-en-Mer, située sur la commune du Palais, a été construite en 1549 par François de Rohan (1510-1559) en utilisant les pierres provenant du Château de Vannes (le « Château de l’Hermine »). Elle a défendu l’île contre les pirates, les Espagnols et surtout les Anglais en 1683.Devenue propriété privée, la citadelle a été transformée en un musée.

L’Apothicairerie (ou grotte de l’apothicaire)

Elle a hérité son nom des nids que les cormorans y construisaient autrefois, en les rangeant dans les anfractuosités du rocher, comme des bocaux dans la vitrine d’un apothicaire. Cette grotte est en réalité un tunnel qui traverse la pointe de part en part: en breton, c’est le « Cronuer » (Croh-en-uer), la « grotte du canal ». On y descend par un sentier et des marches taillées dans le roc. De l’intérieur, l’arche encadre une perspective sur les récifs de la côte sauvage.

Port-Coton

C’est un des plus beaux sites de l’île, où des pyramides rocheuses taillées en aiguille (la plus grande atteint 42 mètres) se dressent dans un cadre de falaises et de roches. La grotte de Port-Coton est accessible à marée basse.

Naufrage du cargo Iser sur la côte sauvage de Belle-Île

Le Fort de Sarah Bernhardt

Situé à la pointe des Poulains, il a été racheté et rénové par le Conservatoire du littoral.Il fait partie de la ligne de fortifications entreprise au milieu du XIXe siècle pour défendre la côte nord de l’ile. Sarah Bernhardt acquiert en 1894, ce corps de garde qui devient célèbre. La tragédienne fut très fidèle à Belle-Île et vint régulièrement aux Poulains passer les mois d’été, jusqu’en 1922.

Le fort de Sarah Bernhard à la Pointe des Poulains

Le Palais, capitale de l’île

Avec ses 2 700 habitants, c’est la petite capitale de Belle-ile, où aborde le bateau de Quiberon. Son port est le pivot de la vie quotidienne belliloise. La cité est située sensiblement au milieu de la côte qui regarde le continent, à l’issue d’un vallon bien abrité et aux arbres magnifiques : la douceur du climat permet aux plantes du Midi de prospérer dans les jardins. Ses ombrages, ses remparts et la citadelle qui la domine au Nord lui donnent un aspect archaïque très séduisant. Ce n’est pas une station balnéaire malgré ses plages car la mer est fréquemment dangereuse ou trop violente.

Cartes postales anciennes du Morbihan