Auray et le port de Saint-Goustan

Photos & Cartes postales anciennes

Abrité au fond d’une ria profonde et sublime (rivière du loch ou d’Auray), le petit port d’Auray est aujourd’hui tourné vers la plaisance et le tourisme. Venelles pentues, maisons à pans de bois, pont en pierres, chapelles… Le charmant quartier de St Goustan et son paisible port ne laissent personne indifférent.

Le pont de Saint-Goustan et le port
Les quais et le vieux pont de Saint-Goustan

Et puis, le lieu a tant d’histoires à raconter !
Celle de Goustan, moine de Grande Bretagne devenu patron des marins et des pêcheurs, L’histoire du château dont il ne reste quasi rien, les bruyantes soirées quand l’endroit était un repaire « peu fréquentable » de pêcheurs à la baleine et à la morue ou celle de l’ intense activité commerciale au XVIII : au gré des marées, tantôt le débarquement de vin, de sel, de cuir, de charbon… tantôt le chargement des céréales, du beurre, de la viande, des toiles…

Port de Saint-Goustan et goélettes à Auray
Le port de Saint-Goustan et des goélettes à quai

Les Goélettes, figures de proue de Saint-Goustan

Au milieu du XIXe siècle, la navigation à vapeur vers Belle-île et le chemin de fer sonnent le glas du cabotage à voile. La Françoise, l’Eglantine, la Glycine ou la Sylvabelle sont autant de noms qui rappellent les derniers souffles du cabotage à voile goustanais.

La Glycine est une goélette islandaise datant de 1911, reconverti pour le cabotage dans les années 30 à Saint-Goustan. Elle est d’ailleurs le dernier caboteur alréen.

La Françoise est la « goélette de la mine ». Lancée en 1911, elle est armée et immatriculée à Auray. Elle mesure plus de 25 mètres de long. Ses voyages, elle les effectue pour l’essentiel entre la Bretagne sud et le pays de Galles, chargée de poteaux de mines (mesurant de 6 à 10 pieds) et de troncs de pins maritimes.

La Goélette Saint-Sauveur est la reconstitution d’une goélette de cabotage du début du siècle. Depuis juin 1999, elle a quitté les remparts du Loch pour occuper le poste d’amarrage habituel de la Françoise, dans une anse du Port de Saint-Goustan.

Les fontaines de Saint-Goustan

Sur le quai Martin, trois fontaines témoignent de l’histoire de Saint-Goustan… Et quelques marches plus haut se trouve celle de La Madeleine…

C’est en 1926 que le service de l’eau fut installé à Auray. Les habitants du port de Saint-Goustan s’approvionnaient alors en eau douce et potable à la fontaine située sous le pont des Frères (sur lequel passe l’actuelle avenue Wilson, avec la Poste). A côté de la fontaine se trouve un ancien lavoir, dont le toit a été démonté il y a quelques années seulement.

L’autre source d’eau potable, c’est la fontaine Chazelles (ci-dessus), construite en 1824 sur la rive droite.

Cette deuxième fontaine se trouve également sous les Rampes du Loch, en allant vers le pont de Kerplouz…

…sans oublier cette troisième fontaine, perchée en eau de quelques marches de pierre.

Curieux, grimpez donc les larges marches à l’angle de la maison Ty Goustane, au bout du quai Martin, juste avant le pont de Kerplouz. Vous découvrirez en haut la fontaine et le lavoir de La Madeleine. Et deux bancs pour observer le point de vue… Saint-Goustan et les pieds du pont de Kerplouz 😉

Place de la mairie d'Auray
Les vieilles maisons de la place de la mairie

La Chapelle du Saint-Esprit

Située à quelques pas de l’église Saint-Gildas, la Chapelle du Saint-Esprit garde sa retenue… pour nous cracher en plein visage son volume intérieur. Elle sert actuellement de lieu d’exposition à des artistes de différentes disciplines : peintres, scultpeurs, mosaïstes…

Son histoire est longue, et les usages qu’on a fait de cet édifice alréen ont été multiples et variés.

La genèse de cette chapelle est parallèle à l’Ordre hospitalier du Saint-Esprit, créé en 1198 à Montpellier. La mission de cet ordre : faire preuve de charité et d’assistance à l’égard des pauvres et des malades.
Comme dans d’autres villes, des prêtres du Saint-Esprit choisissent la ville fortifiée d’Auray pour remplir leur mission « sociale ». Ils font construire une chapelle à la fin du XIIIe siècle, début du XIV e siècle.
L’édifice est de forme rectangulaire, pour une longueur de 45 mètres sur 13,5 mètres de large. Sa hauteur pointe à 22 mètres. L’intérieur est illuminé par les sept baies en arc brisé.

Il faut imaginer la vie aux abords de cette imposante chapelle. Sur l’actuel parking se situaient les cuisines, les logements des prêtres et autres pièces. L’accueil des malades se faisait probablement dans un batiment au sud de la chapelle.
A un moment prospère (avec les rentes que lui rapportent notamment ses terres et fermes), la Collégiale du Saint-Esprit d’Auray connait finalement la décadence dès le XVe siècle. A tel point qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, on n’y accueille plus personne. Tantôt hopital militaire, tantôt grenier à grains… Le bâtiment tient tant qu’il peut, jusqu’à l’abolition de l’Ordre du Saint-Esprit par le Pape en 1762.

De chapelle à caserne

En 1795, la chapelle sert de prison aux émigrés de l’affaire de Quiberon. Plus tard, au XIXe siècle, Gabriel Deshayes, curé « marquant » d’Auray, y installe le collège de la ville.
Finalement, l’édifice religieux devient une caserne militaire, avec la rpeirse en main de la chapelle par le ministère de la Guerre en 1831. on l’appelle alors « la caserne du Guesclin ».

Après la seconde guerre mondiale, les pompiers entrent à leur tour dans ce lieu très « prisé » d’Auray. La chapelle devient plus tard un lieu d’accueil pour les associations alréennes.

Pour sauvergarder le batiment qui se dégrade à grande vitesse, la chapelle est finalement « vidée » de tout corps résidant. On entreprend alors sa restauration et son classement aux Monuments historiques en 1982.

Unique en Bretagne, la Chapelle du Saint-Esprit est le plus vieil édifice alréen encore sur pied aujourd’hui.

La vieille Halle d'Auray
Les anciennes halles d’Auray un jour de marché

L’église Saint-Gildas

Située en centre-ville, Saint-Gildas est la plus grande paroisse d’Auray. L’église que vous pouvez aujourd’hui visiter n’est pas la première construite en ce lieu. La première église fut démolie en 1619, pour être rapidement reconstruite en 1623, dans un style renaissance.

Saint-Gildas est connue pour son portail méridional et, à l’intérieur, son retable en marbre de 1657 et son orgue en bois sculpté au cours du XVIIIe siècle.

L’Hôtel Dieu

A Auray, rue Barré, se trouve l’Hôtel Dieu, dont la construction remonte à 1650. La maison voisine sert aujourd’hui de lieu d’accueil pour le club des retraités alréens.

Cet édifice fut d’abord dénommé Hôpital de Notre-Dame. Il fut tenu par les soins d’un économe et d’un chapelain. Puis il prit les noms de Grand-Hôpital et d’Hôpital de la Charité.

En 1636, grâce à l’action de Pierre de Gouvello, des religieuses s’y installèrent pour prodiguer des soins aux malades. Les Augustines hospitalières arrivèrent en 1674. Elles y restèrent longtemps, sauf pendant la période post-révolution (1793-1805).

Auray, à l’ombre du mausolée de Cadoudal

S’il y a bien un quartier alréen qui vaut le détour – en dehors de l’incontournable vieux port, c’est bien celui du Reclus. Chapelle Saint-Cado, ruisseau du Reclus, mausolée de Cadoudal… A découvrir avec les couleurs d’automne, au printemps pour des parties de cache-cache, ou pour des pique-nique en été 😉

Imaginez donc que ce quartier du Reclus était autrefois un grand carrefour, menant les marchands romains à Pontivy, Auray, Locmariaquer et Vannes.

Depuis le parvis du centre Athéna, descendez le long de la Chapelle Saint-Esprit par la rue du Galliec, puis rejoignez la rue Henri Dunant. Traversez prudemment la chaussée, et descendez par le chemin (piéton) du Galliec. En bas se trouve la chapelle Saint-Cado (XVIe siècle). Vous voilà dans le quartier du Reclus.

Si vous levez la tête, vous verrez le chat de Saint-Cado, en guise de gargouille. La légende raconte que le moine Gallois, Saint-Cado, prit le diable à son propre jeu. Il accepta son aide pour construire un pont reliant l’île de Saint-Cado à Belz, en échange de la vie du premier être vivant qui le traverserait. Et ce fut un chat !

A droite de la chapelle, la maison voisine se laisse volontiers admirée avec ses tons rougeâtres de l’automne, et sa porte en bois ornée d’une hermine.

Montez la rue du Reclus, qui fait face à la chapelle, et vous rejoindrez le parc de Cadoudal. En chemin, vous passerez le ruisseau du Reclus. Ce secteur d’Auray accueillait autrefois des lépreux.
A voir aussi, un vieux lavoir, juste après le n°21 sur la gauche.

Le parc Cadoudal tient son nom du chef chouan dont les restes sont enterrés à l’intérieur d’un grand mausolée.
Derrière ce magnifique parc et le mausolée se trouve le village de Kerléano (« village des moines »), village d’origine de la famille Cadoudal.

Le débarcadère du port de Saint-Goustan
Vue sur le port de Saint-Goustan

Cartes postales anciennes du Morbihan